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communication non violente

Pour ce nouvel article je me suis intéressée à un sujet qui, au premier abord, me semblait un peu utopiste à appliquer dans la vie de tous les jours : la communication non violente.
Cest un “langage” (élaboré par Marshall B. Rosenberg) qui cherche à créer une connexion bienveillante envers soi et autrui, afin que les besoins de chacun soient respectés…Très joli discours sur le papier… sauf que d’un coup j’ai pensé à une situation assez courante.

Je suis dans ma voiture quand d’un coup la voiture de devant s’arrête (en se décalant un chouïa sur la droite, mais pas assez pour que je puisse passer). L’automobiliste descend de sa voiture et rentre dans le bureau de tabac (vous connaissez cette histoire non ?).
Je prends mon mal en patience quelques minutes (en m’égosillant sur mon klaxon!). Et je ne comprends pas pourquoi cet(te) C…. d’automobiliste s’est arrêté(e) au milieu de la route pour aller chercher ses clopes, alors qu’il y a une place 300 mètres plus loin…
À ce moment là comment je fais pour lui dire gentiment et poliment qu’il(elle) m’ennuie (pour ne pas dire autre chose) et surtout qu’il(elle) ennuie les 12 autres personnes derrière moi ?

Et bien justement en y regardant d’un peu plus près j’ai trouvé une réponse grâce à la communication non violente et surtout je me suis rendue compte qu’en traitant cet(te) automobiliste de C…, j’avais tout intérêt à m’y intéresser vivement et rapidement.

 

Avant toute chose, la règle n°1 de la communication non violente est de bien se comprendre soi-même avant d’essayer de comprendre l’autre. Et pour cela Marshall B.Rosenberg a imaginé un processus en 4 étapes.

Observation, sentiment, besoin, demande

L’observation consiste à relater les faits comme si nous étions un spectateur extérieur, sans aucun jugement ni aucune interprétation.
“Je suis dans ma voiture et l’automobiliste de devant s’arrête et se rend au bureau de tabac.”

Le sentiment c’est ce que j’éprouve en moi au moment de cette situation.
“Je suis enervée.”
Derrière toute émotion, se cache un besoin.
Si le sentiment est négatif (colère, tristesse, peur…), c’est que ce besoin est insatisfait.
“J’ai besoin de rentrer chez moi car je suis fatiguée.”

Si ce sentiment est positif (joie, rire, soulagement) c’est qu’il est satisfait.
“Je suis soulagée qu’il s’arrête car j’avais besoin de passer un coup de fil.”

La demande permet de formaliser votre attente.
“Pouvez vous me laisser passer SVP ?”

Avec ces règles de communication non violente, je pourrais dire à l’automobiliste : “Bonjour Madame (Monsieur), j’étais en train de conduire quand d’un seul coup vous vous êtes arrêté(e) pour vous rendre au bureau de tabac et je ne pouvais pas passer. Cela m’a mis(e) en colère car j’ai besoin de rentrer chez moi parce que je suis fatigué(e). Pourriez vous me laissez passer SVP ? ” (Vous voyez l’utopie ?)

Malgré que ce ne soit pas naturel, je suis persuadée que cet exercice de “décortication” est vraiment bien à faire pour soi. Il nous permet de mettre des mots sur ce que l’on ressent et de mieux comprendre notre réaction afin de modérer notre réponse.

Pour répondre, nous allons choisir 1, 2 ou 3 étapes du processus et formuler une phrase, avec ou sans demande.
“Pourriez vous me laisser passer SVP, j’ai besoin de rentrer chez moi ? ”
(Ah on est bien loin du “Hé, C… tu la bouges ta caisse ?!”)

Gérer sa colère

Quand on est en colère c’est qu’un besoin en nous n’a pas été entendu.

Je suis quelqu’un qui me met très rarement en colère. Quand je suis énervée, je suis obligée de dire à mon interlocuteur “non mais là je suis vraiment vraiment très énervée”, (je le fais qu’avec mon partenaire, avec les autres je n’oserais jamais parce qu’il n’y a qu’un demi décibel d’écart entre mon ton normal et mon ton “de colère”. En fait je ne sais pas vraiment me mettre en colère parce que je fonds en larme bien avant !

Quand je sens que quelque chose m’énerve, plutôt que de m’effondrer ou de partir au quart de tour en disant quelque chose que je pourrais regretter, je me tais et je prends le temps de comprendre pourquoi je suis en colère (en utilisant la méthode en 4 étapes). Ensuite j’avise en exprimant ou non mes sentiments à la personne.

Exprimer ses émotions

Nous avons vu qu’il est important d’exprimer ses émotions pour que notre interlocuteur comprenne notre réaction et/ou notre demande. Entraînez vous à dire ce que vous ressentez.

Avec mon conjoint, j’aime bien utiliser le  principe des sous-titres.
Quand il me dit un truc que j’interprète mal à cause de mon humeur, de mon état de fatigue ou juste de mes hormones (avouons le !) je lui dis.
“Tu vois là quand tu me dis ça, moi j’entends plutôt ça et ça me fait ça…” en général ça nous permet à chacun de clarifier ce qe l’on ressent et la tension retombe rapidement.

Écouter l’autre

Maintenant que vous maîtrisez à la perfection le processus en 4 étapes pour vous même, il faut essayer de l’appliquer à votre interlocuteur en se mettant à sa place.
Qu’est ce qu’il observe ?
Qu’est ce qu’il ressent ?
De quoi a-t-il a besoin ?
Est ce que je peux satisfaire sa demande tout en respectant mes besoins à moi ?
Cet exercice est encore plus dur mais n’hésitez pas à réutiliser la technique des sous-titres.
“Quand je te dis ça ou que je fais ça, qu’est ce que ça te fait ? “

Il est aussi possible de pratiquer avec son interlocuteur l’écoute active.
Ca consiste uniquement à écouter l’autre et à reformuler avec nos propres mots ce qu’il nous a dit, sans ajouter de jugement et sans se sentir soi-même concerné(e) (même quand il dit qu’il se sent terriblement seul et abandonné alors que NOUS on est là pour l’écouter). J’aime beaucoup pratiquer cette technique car le fait de reformuler à mon interlocuteur ses propos me permet à moi d’être vraiment concentrée sur ce qu’il me dit. Et à lui de se sentir compris et écouté.

 

 

Commentaires (3)

  • Katia

    Super Intéressant Sophie, un exercice à travailler mais je pense que ça peut être extrêmement constructif 🙂

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  • Romain

    Cette pratique a changé ma vie, mon quotidien, mon couple, mon boulot ! Je le recommande à 1000%.
    Merci pour le partage et la piqure de rappel.

    répondre

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