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Hypersensibilité et intimité

L’hypersensibilité dans l’intimité, ça donne quoi ?

C’est vrai qu’être hypersensible dans la vie amoureuse, ça peut parfois être compliqué. Déjà au niveau relationnel en tant que tel, mais dans l’intimité, c’est encore une autre histoire. Gérer en couple un hypersensible de façon quotidienne, c’est un travail d’équipe. Si ce n’est pas fait à 2, ça va vite tourner au vinaigre. Et dans l’intimité, dans la sexualité, c’est pareil. Il faut être 2.

Personnellement, j’ai toujours fait en sorte de chercher des garçons patients, parce que je préfère, mais aussi parce que j’en ai besoin. J’ai peu fréquenté de garçons parce que je ne cherchais pas à tout prix à me caser avec le premier venu pour ne plus être seule ni à avoir des relations intimes. J’ai préféré attendre “le bon” pour chacune de mes relations. J’ai donc connu 3 garçons. Me laisser embrasser déjà, c’est plutôt une épreuve. J’ai besoin de temps pour me rapprocher de la personne. Parce que si je force les choses, ça ne va pas aller. Il faut que je le sente. S’il faut m’attendre, il m’attendra. Je ne laisse pas le choix. Je ne fais pas ma princesse, c’est vraiment une nécessité pour moi. Je n’essaye pas de me faire désirer du tout. Si le garçon est gentil  patient et qu’il sait que je suis hypersensible, qu’il sait que j’ai des douleurs, une santé fragile, une vie comme ci comme ça, et qu’il estime que j’en vaux la peine, il attendra. Et c’est une preuve aussi que c’est pour du sérieux, mine de rien. 

Ensuite, il y a l’étape de la relation intime. Pareil, je suis obligée de prendre mon temps. Dans le sens prendre du temps avant de se lancer, mais aussi prendre du temps pendant, dans l’intimité. Moi, il me faut énormément de préliminaires, des conditions adéquates, une ambiance adéquate, un mood adéquat, un lieu, une lumière, une musique. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte : la gestuelle de l’autre, son odeur, sa voix… J’ai besoin de quelqu’un qui soit doux, patient et en même temps qui me guide. Quelqu’un qui initie l’intimité, qui me mette en condition. Parce que moi toute seule, j’ai trop de choses en tête. Souvent j’ai plein de choses à faire, je suis dans ma tête, pas dans mon corps et dans tout ce qui ne va pas pas. Je suis dans la perturbation. Et quand mon copain approche, qu’il me fait un câlin, qu’il me dit des mots doux, qu’il est gentil, ça attire mes pensées vers autre chose mais ce n’est pas gagné pour autant.

Il suffit qu’on mette la musique en playlist qui tourne et qu’il y ait une chanson que je n’aime pas, ne correspond pas à mon envie, et PAF, j’arrête tout et je me rue sur le téléphone pour changer de musique. C’est chiant. Je ne suis pas complètement dans le moment. Pareil, il suffit que je ne sois pas dans une position confortable, que le drap s’emmêle, que les voisins fassent du bruit, que je me prenne un petit coup d’ongle par inadvertance, et je suis tout de suite perturbée. L’odeur, le goût, le toucher, l’ouïe. Tout rentre en compte. Et en plus, il y a la pensée interne. Je suis envahie par tout ce qui ne va pas dans ma vie ou par des choses qui n’ont rien à voir avec le moment. Bien malgré moi, je me retrouve à devoir me forcer à penser à mon copain pour me remettre dans l’action et l’intimité pour pouvoir en profiter.

Et en plus pour ma part, il y a aussi mon corps qui peut être douloureux pour des raisons de santé. J’ai une sciatique chronique très douloureuse et très invalidante dans le rapport intime. Mais encore ça c’est assez récent. J’ai surtout un gynécologue qui m’a dit que je faisais du vaginisme, car j’ai des douleurs lors de la pénétration. Une douleur qui serait plutôt d’origine traumatique ou psychique, mais qui a parfois une origine médicale et peut être traitée. Malgré les traitements, la douleur persiste. Et donc il faut prendre son temps avec moi obligatoirement, sinon je suis verrouillée. Je ne sais pas si c’est lié à ma sensibilité ou à quelque chose qui s’est passé avant, mais c’est bien là.

Alors, la seule stratégie que j’ai trouvée, c’est de prendre des antidouleurs avant l’acte sexuel. J’utilise aussi des huiles de massage qui contiennent des produits à base de plantes qui font du bien aux muscles comme la gaulthérie et l’arnica. Ça peut faire partie du jeu amoureux et rentrer dans l’intimité de couple. En plus de me soulager, c’est toujours un moment sympa le massage. Ça permet de se connecter à l’autre. Par contre, il faut qu’il ait les mains douces, parce que je sens le moindre accroc sur les doigts. Ça oblige aussi mon copain à prendre soin de lui. C’est un mal pour un bien. Et aussi, que l’on soit sèche ou naturellement lubrifiée, il ne faut pas sous estimer le pouvoir du lubrifiant (à base d’eau, j’ai un flacon pompe intimy très bien). Même si le préservatif est dit lubrifié, même si on est naturellement lubrifiée par l’excitation, ça n’a rien à voir, surtout quand on fait du vaginisme. Et encore une fois ça peut faire partie du jeu amoureux car il y en a de toutes sortes (nature, parfumés, comestibles, spécial massage…) Et je rajouterai ne pas avoir honte ni culpabiliser d’avoir mal, ça n’est pas une tare! et surtout ne pas se laisser culpabiliser par son/sa partenaire!

Pour la playlist, je préfère la préparer plutôt que de laisser le flow, ça m’évite les arrêts sur image. Du coup, il y a moins de spontanéité dans la relation, mais je ne trouve pas ça trop gênant. J’aime bien le confort de ma chambre. Je m’y sens en sécurité. Et ça, c’est important. Si l’autre ne peut pas comprendre ça, il n’y a pas d’intérêt à poursuivre la relation je pense. C’est que ce n’est pas la bonne personne.
Il me faut quelqu’un à l’écoute. Quelqu’un avec qui je peux prendre mon temps, parce que le but, c’est de passer un bon moment ensemble.

L’hygiène est aussi très importante pour moi. Si le garçon n’est pas propre, et qu’il sent fort, c’est mort. Il faut qu’il ait pris sa douche et qu’il ait les mains propres absolument. Tout propre. Après, c’est un peu mon côté phobique aussi. Je trouve ça plus agréable de toute façon. Encore une fois, ça enlève un peu de la spontanéité. Mais c’est comme ça que je suis faite et je n’ai pas envie de changer. Simplement parce que j’ai envie qu’on m’accepte comme je suis. Et si l’autre le vit bien, il n’y a pas de souci. Pour l’instant, je suis tombée sur des garçons plutôt propres et respectueux de mes besoins. Et heureusement parce que sinon, il n’y aurait pas pu avoir de relation.

J’ai besoin de me sentir en sécurité et protégée dans ma vie comme dans mon intimité. Enveloppée dans un cocon de douceur. J’ai rencontré mon nouveau copain il y a peu. Pour l’instant, ça va, il est plutôt à l’écoute. Il n’aime pas me faire mal donc il prend son temps avec moi. Il aime bien me faire plaisir aussi. S’il y a quelque chose que je préfère, il va m’écouter. Après, il propose aussi, et c’est à moi de disposer. Pas le choix avec moi de toute façon. Il m’arrive aussi de penser à quelqu’un d’autre à qui je n’ai absolument pas envie de penser pendant un rapport intime. C’est vraiment parasite et j’aimerais m’en passer, c’est sûr. Pouvoir switcher sur un mec qui me fait fantasmer éventuellement serait déjà mieux. L’idéal étant d’être en connexion avec la personne avec qui je suis.

Les idées vont et viennent dans ma tête. Pour ça, je n’ai pas trop de stratégie en vue. C’est différent d’une personne à l’autre. Je me souviens d’un garçon avec qui j’avais l’impression parfois d’être dans l’espace avec les étoiles qui tourbillonnent. C’était une forme de transport scénaristique dans ma tête. Elle était vide à ce moment, comme en méditation ou en transe, j’imagine. C’était agréable car je me sentais projetée hors du monde réel, dans une bulle plus paisible, comme d’autres seraient dans le fantasme. Mon cerveau décrochait et m’envoyait dans une sorte de torpeur, un espace calme et coloré. Je ne parle pas d’orgasme attention, car malheureusement, avec mon vaginisme, il y a sûrement quelque chose qui coince au niveau psychique en plus du physiologique. J’attends encore la fameuse déferlante intérieure via la pénétration, mais surtout l’absence de douleur ça, ça serait cool. Heureusement qu’il existe des hommes qui comprennent que la sexualité ne se limite pas au coït primaire et nous écoutent car je serais triste. J’espère aujourd’hui avoir trouvé le bon partenaire (de vie comme dans la chambre). Seul l’avenir nous le dira…

Clem.

Commentaires (1)

  • Jennifer Crevon

    Merci Clem pour cet article. C’est tellement vrai. Je me sens moins seule.

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