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Vivre une rupture quand on est entrepreneur et hypersensible ?

Cet article sur la rupture trotte dans ma tête depuis quelque temps déjà. J’ai tardé à l’écrire tout simplement parce que je vais te partager des choses intimes de ma vie. Et que même si ça fait deux ans que je tiens ce blog, j’ai encore des difficultés à m’exposer.
J’ai vécu deux ruptures importantes dans ma vie. Les deux ont été très dures à vivre, et très différentes.

Pourquoi la rupture est très forte chez les (hyper)sensibles

Profil de l'hypersensible

Une rupture m’a toujours donné l’image d’un immense trou noir, presque un peu comme la mort. Comme si on m’amputait d’une partie de moi. Comme si je ne savais plus qui j’étais. En tout cas ça a toujours été très fort, et même en écrivant ces lignes, je ressens ce vide au plus profond de mon ventre. Là, je te parle de rupture amoureuse, mais même les ruptures “amicales” me touchent énormément et je mets du temps à passer à autre chose.

Le cerveau qui tourne en boucle

Mon cerveau a déjà tendance à ne pas s’arrêter,  mais là, il était sur 3 rythmes différents :
retour arrière – avance rapide – pause pour pleurer – lecture : aïe le moment présent fait trop mal. Je repars ailleurs ! Et ça tournait constamment dans ma tête. Impossible de l’arrêter.

La peur panique de la suite

J’avais une peur de ce qui allait se passer après. J’étais en situation d’alerte permanente, à ce qui allait se passer dans 10 min, et dans 1 h et demain et le week-end prochain. L’avenir me semblait tellement incertain que je me sentais en mode survie tout le temps. Impossible de me fixer sur un moment, impossible non plus de prévoir quoi que ce soit car je ne savais pas comment je serais, ni où.

Être avec d’autres, mais être en fait dans sa tête

J’avais beau être très bien entourée, je n’arrivais pas à être présente aux autres. J’étais toujours dans ma tête, dans ma tristesse et mes ruminations et rien n’avait de sens. J’avais la sensation que plus jamais je ne rirais. Plus jamais je n’arriverais à sourire de façon sincère. Comme si tout ce que je pouvais apprécier était parti avec eux.

Perte énorme de confiance en soi

Les deux fois, j’ai complètement perdu confiance en moi. Moi qui ai souvent tendance à avoir peur du rejet et de l’abandon, là, j’étais face à ça. Et ma première réaction est de me rejeter et de m’abandonner moi-même, parce que je ne me sens pas les épaules d’affronter ça. Heureusement, la confiance en soi se travaille et se “muscle” petit à petit, action après action.

Plus de sens à sa vie

Je ne suis pas quelqu’un qui a tendance à déprimer et pourtant, j’ai expérimenté la dépression suite à une rupture. Il m’est arrivé de penser qu’en me mettant un bon coup de pied aux fesses ça allait aller mieux. Mais non. J’ai essayé, je t’assure, mais mon corps ne répondait plus. Je n’avais comme plus de force, plus d’espoir et plus d’envie. Je ne savais pas pourquoi me lever le matin. Et une fois debout, j’avais juste envie de retourner dormir comme pour anesthésier la douleur encore quelque temps.

Je cite cet extrait du livre “Je pense trop” de Christel Petit Colin qui m’a permis de comprendre que les personnes très sensibles ont plus de mal à vivre les ruptures et il résume très bien les pensées qui trottaient dans ma tête à ce moment-là.

Ne plus y penser ? 
C’est impossible quand on a un turboréacteur mental qui tourne à plein régime jour et nuit et qu’on ne sait pas comment le débrancher.
 Comment est-ce possible de ne pas penser ?

Tourner la page ? 
Comment un normopensant vit-il une rupture ?
 Comme un petit bobo ou une égratignure ?

Comment continuer à vivre comme avant quand on vient d’être amputé ?
Rencontrer quelqu’un ? 
Si vite ?
 Faire une greffe en pleine convalescence ? Ça a l’air tellement simple pour les normopensants de faire des rencontres amoureuses !

Refaire sa vie ? 
C’est une absurdité :
 la vie n’est pas à « refaire » mais à continuer avec ce gâchis qu’il faudra arriver à intégrer dans le paysage.

Être seule dans sa vie et dans sa boite

Suite à mes deux ruptures, le constat était “sans appel” j’étais seule dans ma vie, et seule dans mon boulot. J’avais l’impression d’avoir tout raté. Et j’ai beau adoré travailler seule, à ce moment-là ça me fait paniquer. Parce que ce vide fait peur. Parce qu’à ce moment-là, je n’ai pas la force et l’énergie de gérer tout toute seule, de prendre des décisions, d’avancer… Les deux fois, je me suis clairement posé la question de reprendre un boulot de salariée, juste pour avoir “une équipe”.

Ce qui fait peur dans le fait d’être seule, c’est de se retrouver face à soi, et face à soi dans ce moment très difficile. J’ai demandé de l’aide, à ma famille, mes amis et des professionnels. Toute une petite équipe de choc pour me faire remonter la pente, me redonner goût à la vie. J’avais l’impression d’une vie en noir et blanc et au ralenti. Et je m’en voulais encore plus de me sentir comme ça pour quelqu’un. Je me rendais bien compte que c’était ma responsabilité de réagir comme ça, mais je n’arrivais pas à faire autrement. J’avais beau être entourée de gens géniaux, je ne trouvais aucun sens à tout ça.

Quand ton boulot te sauve

Suite à ma première rupture, je me suis noyée dans le boulot. Ca me permettait de me vider la tête, de me concentrer sur mon boulot, de ne plus penser et d’avoir un objectif. J’ai réussi à sortir la tête de l’eau avec ça. Chaque jour, je sentais que j’allais un peu mieux que la veille. Le temps était en ma faveur, je tenais le bon bout !

Quand tu dois te sauver pour sauver ton boulot

Pour la deuxième, c’était complètement différent. Ayant déjà vécu cela une fois, je penserais que ça serait “plus facile” à vivre… Mais non. Je n’avais pas la force de faire mon boulot correctement. J’ai dû décaler un rendu et annuler un rdv, ça ne m’était jamais arrivé et ça m’a vraiment coûté de le faire. Je me sentais encore plus diminuée, même si en face les gens ont été très compréhensifs. J’ai pris le temps de finir ce que je devais finir et de faire une coupure de deux semaines en famille. Je te dis pas le cadeau pour ma famille !

La première semaine, j’ai retrouvé un rythme sain. Avec un peu de sport le matin, 3 “micro” repas par jours (mais c’étaient déjà 3) et beaucoup de repos. Ce rythme m’a permis de revenir un peu à la réalité.

La deuxième semaine, je n’allais pas mieux, mais je sentais que j’avais besoin d’être seule pour être obligée de trouver mes propres ressources à moi. Seule, je ne pouvais pas passer mes journées à pleurer. Autant, j’ai eu besoin de mes parents, autant après, j’avais l’impression de me complaire dans ce rôle de petite fille triste et fragile. Comme si j’avais le droit d’aller mal, alors je ne faisais rien pour aller mieux. Une fois seule, j’ai accepté de me retrouver face à ce moment difficile et me dire :

Ok, on fait quoi maintenant ?
Comment ce que je vis là peut avoir du positif dans ma vie ?
En fait, qu’est ce que je veux dans ma vie ?

Et à ce moment-là, ça a redonné un pourquoi encore plus fort à mon travail. Je ne supportais pas l’idée qu’on puisse perdre le goût de la vie pour une autre personne, même pour quelqu’un de très bien. Je me suis dit qu’il fallait que je sois stable avec moi-même, le reste n’étant que du bonus. Alors j’ai travaillé sur moi, sur la confiance en moi, sur ce que j’aime faire, sur qui je suis. J’ai déménagé, je suis partie en Haute-Savoie, un peu plus loin de mes amis, de ma famille et de là où j’ai grandi, mais le rythme de vie me convenait mieux et j’avais besoin de commencer ma vraie vie de femme.

Pour conclure

Il n’y a pas de ruptures identiques. Elles ne seront pas moins douloureuses si on est habitué. Il n’y a pas une seule recette pour aller mieux. On ne peut pas prévoir comment on réagira si ça arrive, simplement s’écouter au moment où ça se passe. Oser demander de l’aide. Ne pas chercher la médaille de “je m’en suis sortie tout(e) seul(e)“. Si bosser te fait du bien, alors bosse. Sinon prends une pause et prend soin de toi.

C’est comme un énorme orage qui passe alors que tu es en pleine forêt, c’est très fort, ça fait peur et tu cherches des tas d’endroits sous lesquels t’abriter, jusqu’à temps que tu retrouves ta maison.  

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