Être hypersensible, haut-potentiel et TDAH : une quête de sens perpétuelle

Confidences de Cora : (en)quête de sens


J’ai 33 ans, et j’ai été diagnostiquée haut potentiel et hypersensible avec un trouble anxieux et en cours de diagnostic de TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité).

L’hypersensibilité c’est… 

Pour ma part, je ressens avec énormément d’intensité les émotions que les autres peuvent me faire ressentir. Que ce soit de la joie, de la tristesse ou de la peur, chez moi tout est vraiment décuplé et il y a un fort effet miroir.

Mon hypersensibilité, c’est aussi sentir ce que les autres ressentent et notamment leur sensibilité à eux. C’est arriver dans une pièce et décoder assez rapidement les liens qui existent entre les gens, capter qui s’entend bien avec qui, sentir failles, comprendre quelle émotion est compliquée chez quelqu’un… J’ai la sensation de voir rapidement ce qui est sous-jacent chez les gens.

Une force ou une faiblesse ? 

À mes yeux, c’est autant une force qu’une faiblesse.

Une force parce que ça permet de vivre les choses de manière très intense. Pour le coup, quand c’est des émotions agréables, l’intensité que je peux ressentir est à la limite de l’extase.

Le revers de la médaille, c’est que quand ça ne va pas, ça peut être très compliqué. Un grain de sel dans ma journée peut vraiment venir tout casser au point où je me suis déjà demandé si je n’étais pas bipolaire.

Par rapport à mes sens, j’ai beaucoup de problèmes avec le toucher. Je ne supporte pas les étiquettes des vêtements et parfois, je sens même des choses sur mes vêtements que je n’arrive pas à voir avec mes yeux et ça me rend folle.

Hypersensible mode d'emploi : le livre

Quand ai-je découvert mon hypersensibilité ?

C’est mon frère qui a d’abord été détecté haut-potentiel. En en parlant autour de moi avec mes proches, ils m’ont tous dit « autant toi, on s’en doutait, autant ton frère, pas du tout ». Moi, j’étais choquée d’entendre ça. Parce que je n’avais pas du tout ça en tête. Oui, j’ai toujours été dans les très bons élèves, mais j’avais tellement l’image du surdoué, premier de la classe un peu coincé que je ne me reconnaissais pas du tout là-dedans. Je n’aimais pas spécialement travailler, je n’ai d’ailleurs jamais trop travaillé et je ne me suis jamais senti « tête d ‘ampoule » comme dans la série Malcom.

J’ai d’abord lu – Je pense trop, le livre de Christel Petitcollin – dans lequel je me suis vraiment reconnue, même si je suis bien consciente qu’il faut faire attention à tous ces livres dans lesquels on peut tous se reconnaître X 10000.

Pour répondre plus précisément à mes questions, j’ai passé un bilan chez un psychologue qui m’a confirmé que j’étais HPI et c’est comme cela que j’ai découvert mon hypersensibilité. Car le haut-potentiel pour moi est une association d’un fonctionnement spécifique du cerveau et une sensibilité décuplée.

Les autres diagnostics : trouble anxieux et TDAH ?

Aujourd’hui, d’autres diagnostics qui peuvent expliquer pas mal de mes fonctionnements ont été posés. J’ai également un trouble anxieux, c’est-à-dire que je ressens beaucoup d’anxiété pour des sujets qui souvent n’en valent vraiment pas le coup. Je fais donc des crises d’angoisse et je suis parfois complètement bloquée dans mes avancées. J’ai plein d’envies sur mon côté professionnel, mais l’idée a à peine fait le tour de ma tête que je suis comme paralysée :« Et si ça ne me plaît pas sur le long terme, et si c’est trop compliqué… »

Le TDAH est un autre diagnostic en cours actuellement. S’il est validé, il pourrait y avoir des solutions plus « mécaniques » pour résoudre les choses et pas qu’un suivi psychologique. Donc ça change la donne.

Qu’ont changé les diagnostics HPI, TDAH, trouble anxieux… ?

Il y a clairement un avant et un après la découverte de mon haut-potentiel et de mon hypersensibilité. J’avais bien conscience que beaucoup de choses étaient compliquées dans ma tête et je ne comprenais pas pourquoi ça avait l’air aussi simple pour d’autres personnes et pas pour moi. Sur le papier, j’ai une vie qui n’est pas compliquée. J’ai une famille, du travail, toutes les bonnes cartes, on va dire.

En comprenant que ce fonctionnement faisait partie de moi, ça m’a déculpabilisée et c’était un soulagement de comprendre tout mon chemin de vie avec cet éclairage-là.

J’ai toujours été convaincue et complexée de ne pas être créative, car pour moi, c’était savoir faire du dessin ou de la musique. Le psychologue ayant fait mon bilan a relevé en premier mon côté créatif. Ça a été un choc, mais ça m’a permis de changer ma définition de la créativité et j’ai compris à quel point c’était essentiel pour moi au quotidien.

Relations amoureuses

Dans mes relations amoureuses, on m’a beaucoup reproché d’être trop compliquée et de trop me prendre la tête. Quand je rencontre quelqu’un, c’est assez intense et passionnel en début de relation. Je suis pleine d’entrain, dynamique, je prends les devants… En fait, je montre un super côté de moi. Et plus les semaines passent, plus je me mets à tout analyser, interpréter, sur-interpréter. J’ai peur que l’autre finisse par découvrir qui je suis vraiment et parte. Donc je n’ose plus rien faire, plus prendre d’initiative, je ne sais plus qui je suis, je me pose des questions et je suis en attente de preuve de l’autre. Tellement en attente que je ne suis plus capable d’en donner. Le souci, c’est que je demande des preuves de manière détournée, je ne communique pas mes besoins et je ne parle pas de ce qui m’angoisse et me questionne. Je ne dis rien.

Du coup, l’autre voit un autre visage de moi, qui n’est pas celui qui lui avait plu et forcément, ça finit par s’arrêter. C’est au moment de la séparation que j’arrive à m’exprimer. Et c’est là, qu’on me dit que je suis trop compliquée.

Jusqu’à présent, je n’ai jamais choisi des hommes qui cherchaient des discussions profondes et qui avaient beaucoup d’empathie. J’ai toujours choisi des gens qui ne se prenaient pas la tête. La légèreté et la simplicité de leur vision de la vie m’attirent, mais forcément, ça ne marche pas parce qu’au fond, j’ai besoin de quelqu’un de sensible.

Amitiés

En amitié, c’est plus simple, je suis assez sociale et me fais facilement de nouvelles amitiés même si ce n’est pas toujours tout rose. Je peux facilement, mal prendre certaines choses que mes amis peuvent dire. Dans ce cas, je ne dis rien. Je me suis beaucoup sur-adaptée à ce qu’on attendait d’une petite fille sage et entre ce qu’il se passe dans ma tête et ce que je montre, parfois il y a une différence énorme.

Aujourd’hui, j’apprends à poser mes limites et à expliquer quand j’ai mal pris quelque chose. Au début, j’avais peur de le faire au risque que les gens ne m’aiment plus. Mais finalement, j’ai plutôt des retours comme quoi, c’est courageux de le dire et je me sens comprise et écouter.

J’ai toujours eu peur que si je n’étais pas la personne que l’autre aimerait que je sois il n’allait pas m’aimer. Et comme j’ai la sensation d’arriver à décrypter les personnalités et les comportements que les autres aiment, je me transforme en caméléon au point de ne plus savoir qui je suis réellement. Ce qui m’empêche clairement de dire ce que j’ai envie de dire.

La suradaptation des hypersensibles

Vie professionnelle 

Dans ma vie pro, le caméléon s’applique d’autant plus. J’ai un CV assez fourni. J’ai beaucoup changé de métier, de société, de ville… Le changement fait partie de ma vie.

Je me sens capable de faire plein de métiers différents et de m’adapter au public en face de moi.

Le job que j’ai le plus pratiqué et que je pratique encore aujourd’hui est la gestion de projet avec des publics très différents en face de moi. Donc ce côté caméléon est un réel atout au quotidien.

Je pense que c’est ce TDAH potentiel qui fait que j’ai besoin de changer régulièrement de métier et que finir un projet, c’est finalement compliqué pour moi. Si on rajoute le trouble anxieux par-dessus, ça explique que je passe par des crises existentielles tous les 3 mois. Le mix des deux fait des étincelles et heureusement que mon côté caméléon m’aide à m’adapter partout.

Comment vis-tu ces diagnostics (HPI, TDAH…) et le fait d’être « mise dans des cases » ?

Pour mon psy, la plus grande preuve d’intelligence n’est pas le QI, mais le doute. Je trouve ça très vrai. Une personne qui a 150 de QI et qui ne se remet jamais en question est détestable à mes yeux.

Poser des mots sur mon fonctionnement m’a fait du bien. Je ne veux pas que ça m’enferme dans un fonctionnement même si c’est le risque, mais ça m’a apporté tellement d’éclairage et de solutions que c’est bénéfique. Quand on se connaît très bien et qu’on accepte qui on est, c’est plus simple. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de phases difficiles, mais au moins, on sait pourquoi et les phases compliquées le seront peut-être un peu moins. Ça donne l’espoir de savoir qu’il y aura des moments plus doux. Pour le TDAH et le trouble anxieux, je trouve essentiel de le savoir, car si c’est un problème au quotidien, cela peut se réguler par un médicament spécifique.

Le plus difficile au quotidien ? 

Mon côté anxieux s’exprime par beaucoup trop de questions à la minute. Et ce qui est handicapant, c’est que je peux rester une journée sur mon canapé à me poser des questions et à ne pas avancer sur quoi que ce soit tellement tout me semble une montagne. Heureusement, ce n’est pas toujours comme ça, c’est par phase.

À la croisée des chemins entre le HPI, l’hypersensibilité, l’anxiété et le TDAH, je me pose des questions existentielles sur le sens de la vie. Aujourd’hui, je n’ai toujours pas compris à quoi ça servait de vivre sur terre. Je ne parle pas de ma personne, mais je ne comprends pas ce que nous humains, faisons sur terre, comment on est arrivé là et quel est le but global. Je pense qu’il n’y en a pas, mais c’est hyper dur à accepter. Et c’est vraiment ce qui peut me bloquer dans mes projets pro et perso.

Parce que je me dis, « à quoi bon faire tout ça ». Mais pour tout. « A quoi bon travailler du lundi au vendredi, quand tu sais que la vie est courte, qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait… «

Parfois, je me demande même à quoi ça sert de vivre le positif, de faire ce qui me passionne, ce que j’aime… Pourquoi ? Et je peux aller très loin dans le pourquoi, et malheureusement, personne n’a de réponse.

En fait, quand ça n’a pas de sens, ça n’a pas lieu d’être, je ne comprends pas, je ne conçois pas et je bloque.

Ma solution

Aujourd’hui, j’essaie d’équilibrer mon rythme pour mettre plus de sens dans ma vie. J’ai un grand appétit de découvertes et d’expériences. Je commence petit à petit à trouver mon mode d’emploi.

Travailler du lundi au vendredi de 08h à 18h, ça ne me parle pas. Je n’aime pas cette course quotidienne, même si je n’ai pas d’enfant. Pour pallier à cela, je me suis lancée en free-lance à temps partiel. Ça m’apporte un cadre. Bien que je déteste cela, j’en ai besoin. Certaines semaines, je travaille un jour, d’autre 3… Ce qui me laisse du temps pour respirer. Même si les trajets allers/retours sont longs et que je perds mon temps, je sais que sur les autres jours, je suis disponible et ça me convient.

Je déteste aussi la routine. Ce freelance me permet de la casser. Les semaines ne se ressemblent pas et je trouve des activités que je peux faire en modulant mon temps sans avoir besoin d’être présente à des jours et des heures fixes. J’aimerais aussi faire du bénévolat. Je ne veux pas passer ma vie sur mon canapé, mais j’ai besoin de trouver du sens ailleurs qu’en travaillant et gagnant un salaire.

Le mot de la fin

Pour moi, la solution est dans l’action. À mes yeux seul l’immobilisme peut enfermer. Si un travail, une relation ou quelque chose ne vous convient pas, mettez-vous en marche. C’est en faisant le premier pas que tout se déclenche. Un tout petit rien peut changer la suite de manière conséquente. Et même si votre objectif est une reconversion globale, il y a peut-être un tout petit pas à faire…

Cora

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Hypersensible, haut-potentiel, TDAH
Sophie Koubbi, thérapeute de couple, sexothérapeute, coach certifiée, coach sur l'hypersensibilité, coach pour hypersensible, auteure, illustratrice,thérapie de couple, therapie de couple, sexothérapie, sexotherapie, thérapeute de couple, therapeute de couple, sexothérapeute, sexotherapeute, consultation couple, accompagnement couple, suivi couple, thérapie conjugale, therapie conjugale, relation de couple, crise de couple, conflits de couple, communication dans le couple, communication conjugale, gestion des conflits, dispute de couple, séparation, rupture amoureuse, couple en crise, jalousie, infidélité, adultère, confiance dans le couple, reconstruire la confiance, dépendance affective, attachement amoureux, styles d’attachement, thérapie imago, désir dans le couple, baisse de désir, perte de désir, désir sexuel, libido, trouble du désir, différence de libido, sexualité du couple, sexualité épanouie, blocage sexuel, troubles sexuels, douleur pendant les rapports, dyspareunie, vaginisme, anorgasmie, éjaculation précoce, dysfonction érectile, rapport à la sexualité, intimité émotionnelle, intimité physique, connexion émotionnelle, reconnexion au couple, charge mentale dans le couple, parentalité et couple, couple après bébé, postpartum et couple, colère dans le couple, besoin affectif, besoins relationnels, estime de soi dans le couple, image corporelle et sexualité, consentement, relation libre, couple ouvert, polyamour, thérapie individuelle et couple, coaching relationnel, accompagnement thérapeutique, cabinet de thérapie de couple, thérapeute de couple taninges, sexothérapeute taninges, thérapie de couple taninges, sexothérapie taninges, thérapeute de couple haute savoie, sexothérapeute haute savoie, thérapie de couple haute savoie, sexothérapie haute savoie, thérapeute de couple vallée du giffre, sexothérapeute vallée du giffre, thérapie de couple vallée du giffre, sexothérapie vallée du giffre, thérapeute de couple samoëns, sexothérapeute samoëns, thérapie de couple samoëns, sexothérapie samoëns, thérapeute de couple morzine, sexothérapeute morzine, thérapie de couple morzine, sexothérapie morzine, thérapeute de couple les gets, sexothérapeute les gets, thérapie de couple les gets, sexothérapie les gets, thérapeute de couple cluses, sexothérapeute cluses, thérapie de couple cluses, sexothérapie cluses, thérapeute de couple marignier, sexothérapeute marignier, thérapie de couple marignier, sexothérapie marignier, thérapeute de couple sallanches, sexothérapeute sallanches, thérapie de couple sallanches, sexothérapie sallanches, Taninges, Vallée du Giffre, Samoens, Morillon, Les gets, Praz-de-Lys, Les Carroz,Annecy, Meythet, Pringy, Cruseilles, Seynod, Chavanod, Poisy, Villaz, Argonay, Saint Martin, Bellevue, Groisy, Allonzier-la-Caille, Epagny, Metz-Tessy, Cran Gevrier, Genève, Saint julien en genevois , Sévrier, Saint Jorioz, Talloires, Duingt, Doussard, Veyrier, Sillingy, Rumilly, Aix les bains, Evires, Cruseilles, Thorens-Glières, La Roche sur Foron, Saint Pierre en Faucigny, Bonneville, Marignier, Thyez, Cluses, Annemasse, Reignier, Haute Savoie, Rhône Alpes, Chambéry, Grenoble du bonheur en barre, du bonheur en barres, Sophie Koubbi, Sophie du bonheur en barres

Je suis Sophie.
Thérapeute de couple, sexothérapeute et coach.
J’accompagne celles et ceux qui souhaitent comprendre ce qui se passe dans leur relation et en eux.
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Sophie Koubbi — Thérapeute de couple, sexothérapeute, coach d'hypersensibles - illustratrice - Taninges
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